Si vous avez essayé de nous joindre ces derniers jours, vous avez dû trouver l’atelier fermé.
Cette période du début du mois noir est pour nous liée à la cueillette de notre roseau Arundo donax occitan, celui que l’on vous propose avec la filasse couleur framboise cassis ; et c’est pourquoi nos portes étaient closes.
L’équipe du Brut de l’Avette s’est donc rendue dans l’Aude, à proximité de Carcassonne, pour faire la récolte de ce roseau.
Nous y avons été accompagnés par Mathys Marie, musicien et facteur d’instruments occitans, dans ce périple. Il nous a aidés dans la sélection de nos cannes, qui serviront à faire aussi bien des anches doubles que des anches simples, ainsi qu’à en faire la coupe.

Pour cette récolte, Michel Mondin, sonneur de boudègue aux anches géantes, et Sylvie Gazave, étaient également à nos côtés, ajoutant leur savoir, leur aide et leur amitié à ces riches journées.




Comme nous l’expliquions ICI, l’Atelier du Brut de l’Avette fabrique ses anches avec des roseaux provenant de divers terroirs et traités de manière différente (coupe, séchage). C’est la couleur du fil de montage que nous utilisons qui permet d’en identifier l’origine.
L’atelier utilise donc des roseaux de Cogolin (Var) et de Palamos (Catalogne), récoltés après la descente de sève au bout de deux ans de croissance. Et nous utilisons aussi ce roseau occitan, que nous venons de récolter près de Carcassonne, à l’automne, après un peu plus d’un an de pousse. Évidemment, il lui faudra encore quelques mois de séchage avant que nous puissions l’utiliser dans notre production.

Nous le récoltons à cette période, avant la descente complète de sève, car c’est cette particularité qui lui confère un rendu sonore différent des autres roseaux que nous proposons et que nous recherchons avec lui.
Joseph-François Garnier dans sa Méthode raisonnée pour le haut-bois préconisait par ailleurs au début du XIXème s. une récolte « dans l’automne, un peu avant les gelées » (Garnier, 1802, p. 5).


Bibliographie
Garnier J.-F., 1802, Méthode raisonnée pour le haut-bois, Paris, Pleyel, 102 p.
